Les fiches de révision de l'agent : instructions et skills

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Texte initial : Codex · direction éditoriale : Matt · 5 min de lecture

Imagine que tu aies un prof particulier qui t’aide sur plusieurs matières. À chaque séance, tu dois lui répéter que tu préfères les explications simples, qu’il doit montrer ses calculs et qu’il ne faut pas finir l’exercice à ta place. Au bout de la troisième séance, tu rêves d’épingler ces règles au-dessus du bureau.

C’est exactement à ça que servent les instructions : écrire une fois les règles qui doivent guider l’agent. Et quand tu as une méthode complète pour une tâche précise, tu peux la ranger sous forme de skill, une fiche que l’agent consulte quand elle est utile. Si tu veux revoir la différence entre savoir répondre et pouvoir agir, relis la trousse de l’agent.

Les instructions, le règlement affiché dans la classe

Une instruction est une consigne durable qui indique à l’agent comment travailler : son rôle, ses limites, le style attendu, les vérifications à faire. Elle peut être ajoutée à une conversation ou conservée dans un fichier que l’outil relit dans un contexte donné. Par exemple, un projet de code peut avoir un AGENTS.md qui explique comment installer le projet, quels fichiers sont sensibles et quelles vérifications lancer.

Pense au règlement de la salle de classe. « On se range avant de sortir » s’applique à toute la classe, tous les jours. « Pour cet exercice, arrondis au dixième » ne vaut que pour cette feuille. Une instruction générale doit rester générale ; une demande temporaire reste dans l’énoncé du jour.

Cette séparation compte. Si tu mets chaque détail de chaque mission dans la règle permanente, tu obtiens un règlement de trente pages que personne ne relit correctement. Et si tu laisses une règle importante uniquement dans un vieux message, l’agent peut ne pas l’avoir sous les yeux la fois suivante. Dans le monde Codex, les consignes de projet comme AGENTS.md, les skills et les messages de tâche ont des rôles distincts ; OpenAI explique comment ces couches orientent le travail de Codex.

La skill, la fiche méthode rangée dans le classeur

Une skill va plus loin qu’une règle. C’est une petite méthode réutilisable, avec des étapes et parfois des documents ou des outils associés. Par exemple : « préparer une réunion » peut devenir une fiche qui dit de lire l’ordre du jour, de relever les décisions attendues, puis de produire une synthèse en trois parties.

Une skill bien faite répond à deux questions : quand faut-il la sortir ? et que faut-il faire ? Dans beaucoup de formats, elle est rangée dans un dossier avec un fichier SKILL.md, puis éventuellement des modèles, références ou scripts. Le modèle ne doit pas avaler toute la bibliothèque au début de chaque séance : il peut d’abord repérer la fiche adaptée, puis ouvrir les détails si la mission le justifie. La documentation officielle OpenAI sur les skills décrit ce principe d’instructions réutilisables et de ressources complémentaires.

Une skill n’est pas une compétence magique. C’est une recette écrite. Elle peut guider, rappeler un contrôle ou fournir un modèle ; elle ne garantit ni que l’agent suivra chaque étape parfaitement, ni que le résultat sera juste. Il faut encore regarder la copie.

La bonne fiche est courte, claire et testable

Supposons que tu demandes souvent à l’agent de résumer des comptes rendus. Une règle permanente pourrait dire : « Pour les résumés, écris en français clair, distingue les décisions des sujets à revoir et n’invente pas de responsable. » Une skill dédiée pourrait préciser la méthode : ouvrir le document, extraire les décisions, relever les responsables explicitement nommés, puis signaler les informations absentes.

À l’inverse, « sois intelligent et fais ça bien » n’est pas une méthode. C’est comme écrire « réussir le contrôle » sur une fiche de révision : l’objectif est sympathique, mais il manque les étapes. Mieux vaut décrire un comportement observable : « si le document ne nomme personne, écris “responsable non précisé” ».

Évite aussi les règles qui se contredisent. « Réponds toujours en trois lignes » et « détaille chaque étape » ne peuvent pas être satisfaites en même temps. Donne une priorité ou limite la règle : « commence par une réponse en trois lignes, puis détaille si je le demande ».

À toi de jouer : fabrique ta première fiche

Prends une tâche que tu répètes souvent, par exemple demander un résumé de cours. Dans un fichier texte, écris quatre éléments : quand utiliser la fiche, les étapes à suivre, la forme du résultat, et ce que l’agent doit faire si une information manque. Voici un modèle à recopier :

Quand : je demande un résumé de cours.
Étapes : repérer les notions, les expliquer avec un exemple, puis relever les mots à retenir.
Résultat : une page maximum, avec titres et puces.
Si une info manque : le signaler au lieu de l'inventer.

Dans une nouvelle conversation, colle la fiche puis demande un résumé d’un court texte de ton choix. Vérifie chaque consigne : la limite de longueur, l’exemple, les mots-clés et les éventuelles inventions. Modifie une phrase si le résultat ne respecte pas la méthode. Tu viens de transformer une préférence vague en recette qu’on peut contrôler.

À retenir : les instructions ressemblent au règlement affiché dans la classe ; une skill ressemble à une fiche méthode qu’on sort pour un devoir précis. Les deux évitent de répéter les mêmes explications, mais ne remplacent pas la relecture.

Pour garder une préférence d’une session à l’autre, il faut aussi savoir où la noter et ce qui sera réellement relu. C’est la différence entre l’ardoise de la conversation et le cahier qui survit à la sonnerie, sujet de notre leçon sur la mémoire de l’agent.


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